Le mouvement : notre meilleure défense contre le vieillissement
Depuis un an et demi, je travaille dans un centre d’entraînement adapté pour les personnes ayant subi des accidents neurologiques. Nous travaillons avec des blessés médullaires, mais aussi avec des gens qui ont eu un AVC ou qui vivent avec la sclérose en plaques. Ces troubles du système nerveux affectent la capacité des gens à bouger correctement, ce qui les rend, plus souvent qu’autrement, sédentaires.
La Presse publiait un dossier en mars sur le sujet : comment l’activité physique après un AVC diminuait les risques de démence précoce ou encore le développement de l’Alzheimer en gardant le cerveau actif. La neuroplasticité du cerveau est sa capacité à développer de nouvelles connexions ou, essentiellement, à apprendre de nouvelles choses. C’est souvent expliqué comme une capacité que l’on perd avec le vieillissement, de la même manière que l’atrophie des muscles ou le raidissement des articulations.
Ce que les chercheurs expliquent dans le dossier de La Presse, c’est que ce phénomène est probablement dû à un manque de nouvelles activités.
Pensez-y.
Lorsque vous étiez enfant, vous ne faisiez qu’apprendre de nouvelles choses. Apprendre à marcher, par exemple, prend de un à deux ans de travail. On pratique l’équilibre, la coordination, mais aussi la musculature des jambes, du dos, etc.
Lorsqu’un AVC affecte une personne âgée et qu’elle perd la capacité de marcher, la période de réadaptation est souvent de trois à six mois. C’est encore plus frustrant pour cette personne qui savait déjà marcher et qui a perdu cette capacité du jour au lendemain de devoir réapprendre à le faire.
Et la majorité arrête de s’entraîner après la réadaptation. Ils ne sont pas encouragés à continuer.
Je suis convaincu que, pour bien vieillir, il faut continuer à apprendre de nouvelles choses. Avoir des hobbies ou des activités qui permettent de s’exprimer physiquement, mentalement et créativement, qui nous sortent de notre zone de confort. On peut combattre l’atrophie musculaire (appelée sarcopénie lorsqu’elle est provoquée par le vieillissement) et le raidissement des articulations en les faisant bouger sous charge. On peut conserver notre neuroplasticité en apprenant de nouvelles choses tout au long de notre vie. Si on prend l’habitude de le faire tôt, on augmente les chances de pouvoir le faire longtemps.
Selon moi, l’entraînement est la meilleure option pour combattre les maux qui nous affectent en vieillissant. Bien que ce ne soit pas pour tout le monde, on peut quand même le voir comme un médicament qui ne goûte pas très bon : on peut se boucher le nez quand on le prend, en sachant que c’est bon pour nous.
Au final, vieillir en santé ne dépend probablement pas d’une seule grande décision, mais plutôt d’une accumulation de petites actions répétées pendant des années. Continuer à bouger, apprendre, essayer de nouvelles choses et rester actif physiquement comme mentalement nous donne plus de chances de conserver notre autonomie longtemps. On ne contrôle pas tout ce que le vieillissement nous réserve, mais on peut au moins influencer la façon dont on le traverse. Et si vous ne savez pas par où commencer, commencez simplement par bouger un peu plus aujourd’hui qu’hier.