Quand les mots changent plus vite que l’entraînement

En faisant le ménage dans ma bibliothèque l’autre jour, je me suis rendu compte que j’ai accumulé, au fil des années, plusieurs livres sur l’entraînement. Je vous ai déjà parlé des classiques que j’ai achetés au début de mon parcours universitaire, en 2013, et avec le temps, j’en ai ajouté plusieurs autres.

Un livre que j’ai beaucoup apprécié s’appelle Dinosaur Training. Le livre présente plusieurs types d’entraînement qui sont apparus au cours des années, depuis l’époque où les hommes forts faisaient partie des cirques ambulants, ainsi que la façon dont la culture physique a commencé à se développer au tournant du 20e siècle. Il décrit les fondements de l’entraînement et pourrait guider votre pratique si ce type d’approche vous intéresse.

Bref, en repassant à travers ces livres, on peut voir une certaine évolution du langage de l’entraînement. Des termes comme « fonctionnel » ont servi à décrire plusieurs types d’entraînement. Aujourd’hui, le terme est souvent utilisé comme un terme technique associé à des méthodes d’entraînement popularisées, entre autres, par le CrossFit.

Il existe même une fédération d’entraînement fonctionnel au Québec qui régit des compétitions et organise un réseau de centres d’entraînement.

Autrefois, l’entraînement fonctionnel regroupait tous les types d’entraînement qui n’utilisaient pas de machines d’isolation. On pouvait qualifier de fonctionnel n’importe quel programme qui obligeait le participant à stabiliser lui-même ses mouvements. Il y a même eu une époque où l’entraînement fonctionnel devait se faire avec des objets irréguliers, comme des pierres naturelles ramassées au sol, ou encore en utilisant son partenaire d’entraînement comme charge pour faire des déplacements ou des squats sur place.

Pour moi, c’est un terme surutilisé qui ne veut plus dire grand-chose. L’entraînement n’est pas fonctionnel en soi : il rend plutôt la personne plus fonctionnelle dans sa vie de tous les jours, peu importe les accessoires utilisés.

Un autre terme que j’aime beaucoup remettre en question est « cardio ». Rapidement, en lisant ce mot, tout le monde comprend qu’on parle d’endurance cardiovasculaire. Pourtant, le préfixe « cardio » s’applique à tout ce qui touche au cœur.

Techniquement, si l’entraînement avec résistance force le cœur à développer des parois plus épaisses et plus fortes, tout en diminuant le rythme cardiaque au repos, est-ce qu’on peut dire qu’il améliore le cardio?

À l’inverse du terme « fonctionnel », le mot « cardio » est peut-être devenu trop rigide dans sa définition. Même dans l’entraînement spécifique à un sport d’endurance, on peut parler d’endurance aérobique ou de puissance aérobique, qui se développent pourtant de façons complètement différentes.

On pourrait même comparer les zones d’entraînement cardiovasculaire avec les méthodes utilisées en entraînement de force et observer plusieurs parallèles intéressants.

C’est peut-être une bonne idée pour un futur blogue…

Au final, plus j’avance dans le domaine, plus je réalise que les termes changent souvent plus vite que les principes eux-mêmes. On rebaptise des méthodes, on crée de nouvelles catégories et on invente des mots qui donnent parfois l’impression qu’on a découvert quelque chose de révolutionnaire.

 Pourtant, la majorité des gens ont encore besoin des mêmes bases : devenir un peu plus forts, bouger un peu mieux et être assez constants pour voir des résultats. Peut-être qu’au lieu de chercher le prochain mot à la mode, on gagnerait simplement à mieux comprendre ce qu’on fait réellement dans le gym. Et si ce genre de réflexion vous intéresse, vous savez probablement déjà quoi faire : revenez lire le prochain blogue.



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