Vous vous entraînez pour vivre
J’ai commencé à m’entraîner sérieusement il y a neuf ans. Je m’entraînais depuis plus longtemps que ça, mais je n’ai pas pris l’entraînement au sérieux avant 2017. Je n’avais pas de journal d’entraînement pour noter mes charges. Je changeais souvent de programme, dépendamment de mes objectifs — qui, eux aussi, changeaient souvent. J’avais de très courtes périodes de motivation qui duraient jusqu’à ce que j’aie une excuse pour arrêter.
Bref, j’ai commencé à m’entraîner sérieusement il y a neuf ans.
1 265 entraînements plus tard, voici ce que j’en retiens comme sagesse :
1 – La motivation est le pire partenaire d’entraînement
La motivation est, à la base, une force qui vous aide à trouver le « pourquoi » dans votre changement de comportement. Elle est primordiale pour choisir des activités, une carrière ou n’importe quel besoin que vous voulez satisfaire. Le manque de motivation est associé à la dépression, donc nécessairement, vous avez besoin de motivation au départ.
Toutefois, elle ne vous aide pas à trouver le « comment » ou la mécanique qui guidera votre changement de comportement. Autrement dit, la motivation va vous aider à choisir une habitude que vous voulez adopter, mais elle ne vous donnera pas le fameux momentum qui vous permettra de la solidifier.
Il est donc important de réfléchir à la manière dont vous allez procéder pour atteindre votre but.
Plus souvent qu’autrement, la vie vous mettra des embûches. Que ce soit le travail, la famille, des amis qui vous invitent à sortir ou encore une maladie qui frappe, il y aura des imprévus qui affecteront votre horaire. Il faut donc s’armer d’outils pour maintenir nos comportements.
Lorsque nous avons commencé la construction de notre maison il y a trois ans, je n’avais plus autant de temps pour m’entraîner. J’aurais pu prendre une pause, mais je ne voulais pas perdre ce que j’avais accompli jusque-là. En parlant avec mon entraîneur, nous avons décidé de réduire le volume d’entraînement au minimum. Je gardais quatre entraînements par semaine, mais seulement un mouvement par séance. Trente minutes et c’était terminé. J’ai gardé mon momentum.
2 – Votre environnement peut vous empêcher de réaliser vos objectifs
J’ai été extrêmement chanceux lorsque j’ai commencé à m’entraîner sérieusement il y a neuf ans. Je travaillais comme entraîneur et il était attendu que je m’entraîne pour donner l’exemple, en plus de devoir passer des tests physiques pour conserver mon emploi. Je pouvais donc prendre une heure par jour pour m’entraîner sur mon lieu de travail et revenir à la maison sans devoir ajouter une séance après le travail.
Chanceux.
Si vous lisez ce texte en roulant des yeux, je vous comprends.
Ce que je cherche à illustrer, c’est qu’en ajustant votre environnement en fonction de vos objectifs, vous enlevez toute friction qui pourrait vous empêcher de les atteindre.
Prenez votre téléphone par exemple. Votre temps d’écran hebdomadaire est élevé parce que votre téléphone a été conçu pour enlever toute friction à son utilisation. C’est si facile de le sortir de votre poche et de passer une heure à regarder de très courtes vidéos (contrairement à un film qui vous prendra au moins une heure), en se disant : « Un dernier, et j’arrête. »
Si on parle de perte de poids et que vous n’achetez pas d’aliments ultra-transformés, il sera beaucoup plus facile de ne pas en manger. Si c’est votre objectif, faites attention à ce qui entre dans la maison et assurez-vous d’avoir des options à portée de main qui ne nécessitent pas de préparation complexe. Les plus simples possible, pour vous aider à atteindre vos objectifs.
Pour l’entraînement, certains voudront investir dans un gym à domicile plutôt que d’aller dans un gym commercial. D’autres préféreront se lever à l’aube pour s’entraîner avant le travail. Essayez de vous simplifier la vie en modelant votre environnement en fonction de vos objectifs.
3 – Prenez une grande respiration et souvenez-vous : vous vous entraînez pour vivre, vous ne vivez pas pour vous entraîner
Cette dernière phrase va un peu à contresens des deux premières, mais elle est tout aussi importante.
Vous vous entraînez — ou vous voulez vous entraîner davantage — pour profiter de la vie avec une plus grande autonomie, plus longtemps. Pas pour vous isoler et ne faire que ça.
Lorsque vous avez trouvé votre « comment », que vous avez ajusté votre environnement et que vous savez que vous avez un bon plan, faites confiance à ce plan. Les imprévus vont arriver. Il faut savoir s’adapter. Les sorties entre amis, voir votre famille ou vivre des expériences qui n’arrivent pas souvent sont de bons prétextes pour ne pas s’entraîner.
Vous ne vivez qu’une fois, profitez-en.
Faites-le en sachant que votre habitude ne disparaîtra pas à cause d’un entraînement manqué. Que vous gardez votre momentum malgré tout et que la routine reprendra son cours.
En mettant en place de bons systèmes, vous pouvez sortir de votre routine en sachant qu’elle vous attend. Que ce soit pour des vacances ou parce que vous êtes trop malade pour sortir du lit, c’est temporaire. Ça va passer. Ce n’est pas la fin du monde.
Au final, l’entraînement n’est pas une question de motivation exceptionnelle, ni de programme parfait. C’est une question d’identité. Chaque séance complétée — surtout celles que vous n’aviez pas envie de faire — est un vote pour la personne que vous voulez devenir. Pas plus motivée. Pas plus extrême. Plus constante. Et si vous êtes capable d’être constant quand c’est imparfait, quand c’est chargé, quand c’est inconfortable… alors vous avez déjà gagné.