Tu n’es pas aussi actif que tu le penses

Je me suis acheté une montre Garmin il y a maintenant deux semaines.

J’avais déjà essayé dans le passé de compter le nombre de pas que je faisais par jour, mais mon téléphone n’était pas assez précis. En plus, il n’était pas toujours dans mes poches.

Je pensais donc être relativement actif.

Après tout, je suis kinésiologue. Je m’entraîne. Je connais l’importance de l’activité physique. Je travaille dans le domaine de l’entraînement. Je me considère comme quelqu’un d’actif.

Puis j’ai commencé à regarder les données de ma montre. Disons que la réalité était un peu moins flatteuse. Je pensais bouger beaucoup plus que je ne le faisais réellement.

Et c’est probablement le cas pour plusieurs d’entre nous.

L’écart entre ce qu’on pense faire et ce qu’on fait réellement

Il y a quelque chose de particulier avec notre perception de notre niveau d’activité.

On se rappelle des moments où on a été actif. On a marché pour aller au travail. On a monté les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur. On a fait une séance d’entraînement mardi. On a passé la journée debout au travail. On a coupé le gazon samedi.

Toutes ces choses sont vraies.

Le problème, c’est qu’elles ne représentent pas nécessairement notre semaine complète. Notre cerveau est assez bon pour remplir les trous. Sans données, il est très facile de se raconter une histoire qui nous avantage. C’est un peu comme faire un budget, mais avec des minutes d’activité physique. Tant qu’on ne quantifie pas ce qu’on fait, on ne peut pas vraiment savoir si on est actif.

Ma montre me le fait remarquer.

Le Canadien moyen n’est pas aussi actif qu’il le pense

Les données récentes de Statistique Canada sont assez intéressantes à ce sujet.

Dans l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2022 à 2024, Statistique Canada a utilisé des accéléromètres pour mesurer directement les mouvements des participants pendant sept jours.

C’était donc une mesure de ce que les gens faisaient réellement.

Chez les adultes de 18 à 79 ans, seulement 46,2 % atteignaient les recommandations canadiennes d’au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée par semaine.

Autrement dit, moins d’un adulte canadien sur deux atteint le minimum recommandé.

Et pendant ce temps, les adultes canadiens passent en moyenne 9,3 heures par jour en comportement sédentaire. Seulement 42,1 % respectent le seuil de neuf heures ou moins utilisé pour la surveillance canadienne.

Ça donne un portrait assez différent de celui que notre mémoire nous raconte. On peut avoir l’impression d’être actif parce qu’on fait quelques activités physiques dans la journée tout en passant énormément de temps assis.

Les deux peuvent être vrais en même temps.

Et c’est là que la comparaison avec un budget devient intéressante.

Votre REER physique

C’est ici que j’aime utiliser l’image du REER physique.

Quand on met de l’argent dans un REER, on ne le fait pas parce qu’on a besoin de cet argent aujourd’hui. On accepte de faire un dépôt maintenant pour avoir davantage de ressources plus tard.

Chaque séance d’entraînement est un dépôt. Chaque marche est un dépôt. Chaque journée où vous poussez pour atteindre vos 10 000 pas avant de vous coucher est un dépôt.

Et comme pour un REER, ce n’est pas le dépôt d’une seule journée qui fait la différence.

C’est l’accumulation.

Une séance de musculation ne change pas votre vie. Une marche de 20 minutes ne change pas votre vie. Mais des milliers de petites décisions accumulées pendant des années peuvent complètement changer votre niveau de capacité physique.

C’est ça, votre REER physique.

C’est exactement ce que ma Garmin m’a montré

Depuis que je porte ma montre, je vois constamment des chiffres que je ne pouvais pas voir avant. Et c’est surprenant à quel point un simple chiffre peut changer mon comportement. Si je regarde ma montre en fin de journée et que je vois que je n’ai presque pas bougé, il devient beaucoup plus difficile de me raconter que j’ai été actif.

La montre ne me juge pas. Elle ne me dit pas que je suis paresseux. Elle ne se soucie absolument pas de mon opinion. Elle me montre simplement un chiffre.

Au lieu de :

« J’ai probablement assez marché aujourd’hui. »

Je peux voir :

« J’ai fait 4 200 pas. »

Ce n’est plus une impression.

C’est une information.

Et une information est beaucoup plus facile à utiliser.

Et c’est là que le progrès commence

Je ne pense pas que tout le monde ait besoin d’une montre Garmin. L’autre côté de la médaille, c’est qu’une montre peut aussi bombarder d’informations une personne qui voulait simplement devenir plus active et l’entraîner dans une spirale négative de données.

Ça reste une montre. La majorité des informations qu’elle nous donne sont des estimations. Ne laissez surtout pas une montre vous dire combien vous avez d’énergie le matin.

La montre rend visible ce qui était invisible. C’est souvent le premier pas vers le changement.

Si vous pensez être actif, mais que vous ne savez pas réellement combien vous bougez, vous avez peut-être simplement besoin de mesurer.

Je ne crois pas que tout le monde doive nécessairement compter ses pas. Mais si vous demandez à votre entraîneur comment perdre du poids et que vous ne savez pas combien de minutes d’activité physique vous faites par semaine, commencez par le mesurer.

Pendant une semaine.

Comptez vos pas. Notez vos entraînements. Regardez combien de temps vous passez assis.

Pas pour vous culpabiliser.

Pas pour atteindre un chiffre magique.

Simplement pour savoir d’où vous partez.

Parce qu’on ne peut pas augmenter les dépôts de son REER physique si on ne connaît même pas son solde.

Et peut-être que, comme moi, vous allez découvrir que vous n’êtes pas aussi actif que vous le pensiez.

Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est simplement le point de départ.

Et une fois qu’on connaît la réalité, on peut enfin commencer à travailler avec elle.

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