Ne changez pas ce qui fonctionne
Quand j’ai commencé à rejouer de la batterie l’année passée, j’ai rapidement vu une amélioration de ma technique grâce aux exercices que mon professeur me donnait à travailler. Un an plus tard, ma technique est meilleure, mais l’amélioration provient maintenant de nouveaux exercices qui me poussent à aller plus vite ou à coordonner mes membres d’une façon différente.
En entraînement, l’amélioration initiale provient souvent d’une meilleure technique. Mais comment progresser une fois que la technique est bonne ?
Le piège de la nouveauté
Nous avons une tendance naturelle à confondre la nouveauté avec le progrès. Après quelques semaines à faire les mêmes exercices, l’ennui s’installe et on commence à lorgner vers de nouvelles variantes aperçues sur les réseaux sociaux.
Pourtant, la force est une langue qui demande de la répétition. Votre corps apprend en répétant les mêmes patrons moteurs, encore et encore, jusqu’à ce que le mouvement devienne efficace et que les charges augmentent. En changeant d’exercice simplement parce que vous êtes « tanné », vous interrompez ce processus d’adaptation avant qu’il ne produise ses meilleurs résultats.
Votre premier levier pour continuer votre adaptation est l’intensité, ou encore le poids que vous utilisez pendant vos entraînements. Ça semble assez simple, mais notre capacité d’attention étant plus basse que jamais, les augmentations de 5 ou 2,5 lb sur un exercice deviennent moins spéciales avec le temps. Même avec une progression lente, on peut avoir l’impression de faire du surplace.
L’exercice comme outil : le principe du marteau
Pour poser un diagnostic clair, il faut voir vos exercices comme des outils et non comme du divertissement. Un squat ou un soulevé de terre existe pour provoquer une adaptation précise dans votre corps.
Le diagnostic est alors simple : on ne change pas un marteau parce qu’il est devenu ennuyeux. On le remplace seulement lorsqu’il ne remplit plus sa fonction. Si votre journal indique que vous progressez toujours sur un mouvement, il n’y a aucune raison objective de le remplacer.
Distinguer la « mauvaise journée » du véritable « plateau »
C’est ici que l’imputabilité envers vos données devient cruciale. Le journal vous empêche de « réécrire l’histoire » quand les choses vont moins bien.
Lorsqu’une séance est difficile, le réflexe est souvent de vouloir tout changer. Le diagnostic du journal permet de remettre les choses en perspective :
Est-ce un problème de programme ? Si la courbe d’amélioration s’aplatit sur plusieurs semaines malgré une exécution parfaite, l’outil ne remplit peut-être plus sa fonction.
Est-ce une simple mauvaise journée ? Le journal peut révéler que votre manque de performance est lié à des facteurs externes, comme un manque de sommeil ou un stress accru au travail.
Dans ce cas, le diagnostic n’est pas de changer de programme, mais d’ajuster la charge ou le volume pour gérer votre stress global tout en maintenant votre constance.
Transformer l’intention en information
Le journal transforme l’abstrait en concret. Passer de « je me sens fatigué » à « il me manque 5 kg sur ma série prévue » est une information objective sur laquelle il est possible de réagir.
Une certaine prévisibilité dans vos séances est souvent le signe que votre système fonctionne. Vous n’avez plus à prendre de décisions épuisantes à chaque visite au gym ; vous n’avez qu’à exécuter le plan et laisser les données guider vos futurs ajustements.
La patience est une donnée
Les résultats spectaculaires sont le fruit de centaines de séances ordinaires et répétitives. En apprenant à diagnostiquer votre progression à l’aide de votre journal, vous apprenez à valoriser la constance plutôt que la variété inutile.
Avant de déchirer votre programme actuel, ouvrez votre journal. Si l’outil fonctionne encore, remettez-vous au travail.
La force aime la répétition, et votre journal en est le témoin fidèle.