La répétition bat la perfection

Quand quelqu’un me demande quel est le meilleur programme d’entraînement, ma réponse est souvent décevante.

Celui que tu répètes le plus souvent.

Et je ne pense pas qu’il existe vraiment un « meilleur programme ». Il existe plutôt un programme qui correspond à votre situation. J’ai mis du temps à comprendre cette distinction.

Quand j’ai commencé à m’entraîner, je cherchais évidemment à faire les choses correctement. Comme beaucoup de gens, je pensais qu’il existait quelque part un programme presque parfait.

Il fallait simplement le trouver.

Je changeais de programme. J’essayais différentes méthodes. Je découvrais de nouveaux exercices.

Puis je recommençais.

Avec le recul, je réalise que je passais beaucoup de temps à chercher une meilleure façon de m’entraîner et beaucoup moins de temps à simplement m’entraîner.

C’est assez ironique quand on y pense.

On cherche souvent à optimiser quelque chose avant même d’avoir eu le temps de voir si ça fonctionne. Je retrouve encore cette tendance aujourd’hui lorsque je regarde ce qui se fait dans le monde de l’entraînement.

Il faut constamment faire quelque chose de nouveau.

Comme si notre corps allait soudainement décider de progresser parce qu’on a changé un petit détail de notre programme.

Pourtant, l’une des choses qui m’a le plus aidé à progresser est probablement beaucoup moins excitante.

La répétition.

Quand j’ai commencé l’entraînement en force, nous étions supposés faire un programme de six semaines avant de complètement changer.

Après seulement six semaines, j’avais atteint des records que je n’aurais jamais pensé être capable de faire un jour.

Mais pour répéter quelque chose pendant des mois, il faut d’abord être capable de le faire régulièrement.

C’est là que la notion de friction devient intéressante.

Un programme peut être excellent sur papier et être complètement mauvais pour vous.

Imaginez que votre programme demande cinq séances par semaine.

Sur papier, ça peut être parfaitement logique. Mais vous travaillez à temps plein, vous avez une famille et votre horaire change constamment. Vous allez probablement manquer des séances.

Pas parce que vous êtes paresseux.

Simplement parce que le programme ne correspond pas à votre vie.

C’est la même chose avec un programme qui demande deux heures par séance.

Ou qui nécessite une quantité énorme d’équipement.

Ou qui comporte tellement d’exercices différents que vous devez constamment réfléchir à ce que vous êtes censé faire.

Toutes ces petites contraintes créent de la friction.

Et plus il y a de friction, plus il devient difficile de répéter.

C’est probablement une des raisons pour lesquelles j’aime autant les programmes simples.

Quand j’ai construit mon gym à la maison pendant la pandémie, je n’avais évidemment pas accès à tout l’équipement que j’aurais pu avoir dans un gym commercial.

J’ai dû faire avec ce que j’avais. Ce n’était pas le setup idéal. Mais je pouvais m’entraîner.

Et surtout, je pouvais recommencer quelques jours plus tard.

C’est finalement ça qui compte.

Un programme n’a pas besoin d’être parfait pour être efficace.

Il doit être suffisamment bon pour vous permettre d’accumuler du travail.

Et pour accumuler du travail, il faut pouvoir revenir.

C’est probablement la partie de l’entraînement que l’on sous-estime le plus.

Après une séance, je ne me demande pas seulement : « Est-ce que j’ai eu un bon entraînement? »

Je me demande aussi :

« Est-ce que je peux refaire ça la semaine prochaine, un peu plus lourd? »

Parce qu’un programme que vous pouvez suivre pendant un an a énormément plus de valeur qu’un programme parfait que vous abandonnez après six semaines.

Même si le deuxième était théoriquement supérieur.

C’est comme économiser de l’argent.

Une stratégie d’investissement imparfaite que vous suivez pendant vingt ans risque d’avoir de bien meilleurs résultats qu’une stratégie parfaite que vous abandonnez après quelques mois.

L’entraînement fonctionne de la même façon. La progression vient rarement d’une décision spectaculaire.

Elle vient de petites choses répétées suffisamment longtemps.

C’est pourquoi, avant de chercher le meilleur programme, je vous encourage à chercher celui que vous pouvez répéter.

Combien de jours par semaine pouvez-vous réellement vous entraîner?

Combien de temps pouvez-vous consacrer à chaque séance?

Quel équipement avez-vous?

Combien de décisions voulez-vous avoir à prendre?

Et surtout, est-ce que vous vous voyez encore faire ce programme dans six mois?

Parce que le meilleur programme n’est pas nécessairement celui qui produit le meilleur résultat dans des conditions parfaites.

C’est celui qui est suffisamment bon pour que vous puissiez le faire encore et encore.

Si vous avez un programme d’entraînement, prenez quelques minutes cette semaine pour vous poser ces questions. Si vous réalisez qu’il y a trop de friction entre vous et vos séances, il est peut-être temps de simplifier.

Et si vous ne savez pas par où commencer, Steady Strength peut vous aider à construire un programme simple, progressif et adapté à votre réalité.

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