Êtes-vous orienté sur le but ou sur le processus?

En lisant des livres sur l'entrepreneuriat et le développement personnel, je suis souvent tombé sur le concept des personnes orientées vers le but. Leur objectif devient leur principale source de motivation, et toutes leurs actions sont censées les rapprocher de cette destination.

Personnellement, je me méfie de cette façon de voir les choses.

Cette mentalité est presque à l'opposé de la mienne. Je suis orienté vers le processus. Selon moi, cette approche mène à une progression plus lente, mais beaucoup plus durable à long terme.

Être orienté vers le processus permet aussi d'enlever une bonne partie des émotions liées à nos actions et à nos objectifs. On garde la tête froide, on comprend pourquoi les choses n'avancent peut-être pas aussi vite qu'on le souhaiterait et on ajuste le plan en conséquence.

La distinction peut sembler subtile, mais, selon moi, elle est fondamentale. C'est probablement la première question qu'un bon test de personnalité devrait poser. C'est elle qui détermine si vous serez encore au gym en novembre ou si vous aurez abandonné dès que les terrasses ouvriront en mai.

Alors, êtes-vous orienté sur le but ou sur le processus?

1. La motivation est un mauvais partenaire

Les personnes orientées vers le but carburent à la motivation.

Le problème?

La motivation aide à trouver le pourquoi, mais elle ne donne jamais le comment. C'est un partenaire instable : elle est présente le 1er janvier, mais disparaît souvent au premier signe de fatigue, de stress ou d'imprévu.

Vous réalisez que vous n'avancez pas aussi vite que prévu? La motivation en prend un coup.

À l'inverse, les personnes orientées vers le processus misent sur leur identité. Elles ne s'entraînent pas parce qu'elles sont motivées; elles s'entraînent parce qu'elles sont des personnes qui s'entraînent. Chaque séance est un vote pour la personne qu'elles souhaitent devenir. Elles préfèrent la constance à l'intensité éphémère.

2. Faites-vous de l'exercice ou de l'entraînement?

Il existe une différence fondamentale entre ces deux concepts.

L'exercice est l'approche du but. On recherche la satisfaction immédiate, la sueur ou les courbatures pour confirmer que la séance a été efficace.

L'entraînement, lui, est l'approche du processus. C'est une activité dont la récompense est différée. Chaque séance sert à rendre la suivante un peu plus productive.

J'aime résumer cette différence ainsi : si ce n'est pas inscrit dans un journal d'entraînement, c'est probablement de l'exercice. Si c'est consigné pour guider la progression de la prochaine séance, c'est de l'entraînement.

Évidemment, ce n'est pas entièrement noir ou blanc. Certaines personnes suivent un véritable programme tout en restant fortement orientées vers le but. Selon mon expérience, elles sont plus susceptibles de changer fréquemment de programme lorsqu'un nouveau semble promettre de meilleurs résultats. Elles ont aussi davantage tendance à se comparer aux autres et à ressentir de l'envie ou de la frustration lorsque leur progression ralentit.

3. Le programme comme document vivant

Pour une personne uniquement orientée vers le but, un imprévu devient facilement une catastrophe. Une grippe, un voyage ou une période particulièrement chargée au travail, et le programme « parfait » finit à la poubelle.

La personne orientée vers le processus comprend que le corps ne fait pas la différence entre un squat lourd et une semaine de 60 heures de travail. Les deux représentent un stress auquel il doit s'adapter.

Son programme devient donc un document vivant.

Lorsque la vie s'accélère, elle réduit le volume, diminue les charges ou simplifie ses séances. Peut-être qu'elle ne fera qu'un seul mouvement principal pendant quelques semaines. L'important n'est pas de suivre le plan à la perfection, mais de maintenir son élan.

Les records personnels et les objectifs viendront en temps et lieu. Tant qu'on continue d'avancer, même plus lentement, on ne perd pas.

4. Le REER physique plutôt que la gratification immédiate

Une personne orientée vers le but adopte souvent une vision cyclique de l'entraînement.

Elle veut être en forme pour l'été.

Pour un mariage.

Pour des vacances.

Pour une compétition.

Une fois l'objectif atteint — ou abandonné — l'entraînement perd sa raison d'être.

À l'inverse, une personne orientée vers le processus considère l'entraînement comme un véritable REER physique.

Elle accumule de petites actions répétées pendant des années afin de préserver sa force, son autonomie, sa santé cognitive et sa qualité de vie. Elle ne commence pas à s'entraîner lorsque la motivation revient ou lorsque le gym se vide. Elle s'entraîne parce que c'est ce qu'elle fait.

Le temps va passer, que vous vous entraîniez ou non.

La vraie question est donc la suivante : voulez-vous passer ce temps à poursuivre une destination qui ne cesse de reculer ou préférez-vous bâtir un système solide qui vous permettra de progresser pendant des années?

La motivation est un excellent point de départ, mais un très mauvais carburant pour un projet qui dure toute une vie.

Ne cherchez pas le programme parfait. Cherchez plutôt celui que vous serez capable de répéter assez longtemps pour qu'il fasse réellement une différence.

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