Les modes passent, la force reste

Quand on observe quelque chose assez longtemps, on voit aller et venir des modes qui captent l’attention pendant un certain temps. On voit ce phénomène dans l’industrie de la mode, mais aussi en entraînement. Quand j’ai commencé à m’entraîner, le monde de l’entraînement sortait d’une mode où l’entraînement avec des machines était très populaire. On sortait de l’ère où des géants comme Ronnie Coleman et Jay Cutler avaient gagné de multiples titres de Mr. Olympia en montrant une masse musculaire énorme sculptée sur les machines Nautilus.

Puis, la révolution. En 2009, la popularité du CrossFit explose. À cette époque, un entraînement du jour était publié sur la page principale du site web. Les adeptes devaient s’organiser pour faire l’entraînement par eux-mêmes, puisque le nombre de gyms dédiés à la pratique de la discipline était restreint.

Le grand slogan du CrossFit était : « N’utilise pas de machines, deviens-en une! » Et l’entraînement avec les machines Nautilus est délaissé par la population générale.

La pratique du CrossFit a été controversée pendant longtemps. Les risques de blessures, souvent cités par la communauté orthopédique, ne valaient pas, selon certains, les bénéfices d’être plus actif. Personnellement, je trouve que ce sport a démocratisé l’entraînement en force et en puissance pour beaucoup de personnes, et surtout pour les femmes. En créant un environnement accueillant, le CrossFit a permis à beaucoup de gens qui n’auraient pas commencé l’entraînement de s’initier à un sport et à un esprit de camaraderie très fort, que l’on retrouve aujourd’hui dans les clubs de course et les nouvelles compétitions Hyrox.

Aujourd’hui, avec les nouvelles recherches en entraînement, on voit les bénéfices d’utiliser des machines revenir à l’avant-plan. Le balancier revient tranquillement vers l’équilibre.

Qu’est-ce qu’on doit apprendre de cette histoire?

À travers les modes en entraînement, une chose restera toujours vraie : l’entraînement en force sera toujours l’un des moyens les plus efficaces de progresser.

Peu importe les équipements, l’intensité sera notre premier levier pour générer des adaptations dans le corps. Même si un sport comporte d’autres composantes importantes à travailler, les scandales liés à l’utilisation de stéroïdes anabolisants viennent souvent rappeler l’importance d’une grande force physique.

L’entraînement avec poids libres, ou même les mouvements de gymnastique, va vous aider à devenir plus fort, à condition d’être capable de rester en équilibre. Cette demande physique permet de diffuser les adaptations à travers les muscles du corps qui vous maintiennent debout.

Les muscles stabilisateurs ne sont malheureusement rien d’autre qu’une catégorie qui peut englober tous les muscles du corps s’ils vous aident à rester debout pendant un exercice. Un muscle, ne pouvant que se contracter ou se relâcher, n’a pas comme seule action la stabilisation.

L’entraînement sur machine enlève cette demande au corps. Les adaptations sont moins diffuses et peuvent donc aider à stimuler plus rapidement le muscle entraîné.

Personnellement, j’aime la combinaison des deux types d’entraînement.

J’utilise les mouvements de base pour entraîner les patrons moteurs. Ces patrons moteurs sont des mouvements qui englobent presque tous les muscles du corps et permettent de faire bouger le corps en système. On peut donc déplacer une plus grande charge, ce qui nous permet d’augmenter notre force.

Si on trouve une faiblesse dans un de ces mouvements, j’ajoute des exercices d’isolation, plus faciles à réaliser avec des machines, pour pallier cette faiblesse.

S’entraîner, c’est l’addition d’adaptations créées dans le temps. Ces adaptations sont générales : une fois que j’ai entraîné mes jambes pour qu’elles soient plus fortes, elles le seront dans presque toutes les situations.

Finalement, ce ne sont pas les outils qui font la différence, mais la manière dont on les utilise. Les modes vont continuer d’aller et venir, chacune promettant une solution plus rapide, plus efficace, plus optimale. Mais la réalité est plus simple et moins sexy : progresser demande du temps, de la constance et un effort réel. Machines ou poids libres, peu importe… si tu mets l’intensité là où ça compte.

Alors avant de te demander si tu utilises le “meilleur” programme ou le “meilleur” équipement, pose-toi une meilleure question : est-ce que tu t’entraînes assez fort, assez souvent, et assez longtemps pour voir un changement? Parce qu’au final, ce n’est pas la méthode qui transforme ton corps, c’est ce que tu es prêt à répéter quand la motivation disparaît.


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Planifier, c’est bien. S’adapter, c’est mieux