Quand la vie frappe, adapte ton entraînement

Pendant la construction de notre maison, mon entraînement est tombé au second plan face à mes autres responsabilités. J’avais toujours mon emploi à temps plein, en plus de gérer une auto-construction les soirs et les fins de semaine, ainsi que certains trous dans mon horaire en semaine, dépendamment des travaux en cours. Bref, je ne pouvais plus continuer à m’entraîner comme avant.

Pas parce que la volonté n’était plus là — je n’étais tout simplement pas physiquement capable de le faire. Pas assez de temps et/ou d’énergie, et un emploi du temps qui ne me laissait aucun répit.

Trop de stress.

J’ai quand même continué à m’entraîner en modifiant mon programme. Je ne faisais qu’un seul mouvement par séance. Des entraînements de 30 minutes maximum, en alternant les mouvements à chaque fois. Tout ce que je voulais, c’était de ne pas perdre l’habitude de m’entraîner.

Je voulais pouvoir reprendre la cadence que j’avais avant la construction dès qu’elle serait terminée. Grâce aux conseils de mon entraîneur et à un plan adapté à ma réalité, j’ai pu enlever le plus de friction possible à mon entraînement, tout en diminuant le stress qu’il générait.

Parce que oui, l’entraînement est un facteur de stress.

Même si on se sent mieux mentalement après, le corps doit quand même gérer ce stress. Et pour lui, il n’y a pas vraiment de différence entre les sources de stress.

Au même titre qu’une rupture amoureuse ou des difficultés financières, l’entraînement génère un stress sur le système nerveux et musculaire.

Même si on s’entend tous pour dire que c’est un “bon” stress, ça reste que le corps a besoin d’énergie pour récupérer de ce stress. Sans une bonne récupération, l’entraînement n’améliorera pas votre santé globale.

Qu’est-ce qu’on peut faire pour s’assurer une bonne récupération?

Le plus important : le sommeil.

Bien dormir est la meilleure façon de récupérer d’un niveau de stress élevé. On le voit souvent après les examens de fin de session à l’université : dès qu’ils sont terminés, l’adrénaline des soirées d’étude s’estompe, et soit on tombe malade, soit on dort pendant deux ou trois jours.

Cela dit, c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Certains suppléments peuvent aider, comme la mélatonine ou le magnésium (parlez-en à votre médecin), mais si votre stress est trop élevé, il peut nuire directement à votre sommeil.

Ensuite, il y a la nutrition.

Bien manger, s’assurer d’avoir suffisamment de protéines pour vos muscles et de glucides pour votre énergie vous aidera à récupérer d’un niveau de stress élevé. En sautant des repas, vous réduisez vos réserves d’énergie nécessaires à la synthèse des protéines et à la réparation des tissus.

Finalement, il y a la gestion du stress externe.

En théorie, si on a une certaine capacité de gestion du stress, on peut prioriser l’entraînement pour générer des adaptations positives.

Mais la réalité est souvent différente.

Tout le monde devra faire face à des situations imprévues : maladies, ruptures, décès, arrivée d’un nouveau-né, nouvelle opportunité professionnelle, voyage… autant d’événements qui peuvent augmenter le stress et nuire à l’entraînement si on n’ajuste pas le plan.

Si vous prenez en note vos charges et constatez une baisse de performance au gym sans changement au niveau de votre alimentation ou de votre sommeil, regardez du côté de votre stress externe.

La solution se trouve peut-être là.

Au final, ce n’est pas votre programme qui vous freine, c’est souvent votre capacité à l’adapter à votre réalité.

L’entraînement n’a pas besoin d’être parfait pour être efficace. Il doit simplement être soutenable.

Dans les périodes où tout va bien, poussez. Mais quand la vie s’accélère, apprenez à ajuster sans culpabiliser.

C’est ça qui fait la différence sur le long terme.

Et si en ce moment tout vous semble plus lourd, physiquement ou mentalement, posez-vous la question : est-ce que votre entraînement vous aide… ou vous en demande trop?

Si la réponse n’est pas claire, il est peut-être temps de simplifier.

Ou d’en parler.

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S’entraîner seul : liberté ou illusion ?